World news – « UFO (s) »: une série fantastique sous l’influence (s)

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La France pourrait-elle être un décor de science-fiction ignoré? Inspirés par cette question lumineuse, Clémence Dargent et Martin Douaire ont créé la série Ovni (s), diffusée sur Canal à partir de ce soir ce lundi. Nous suivons Didier Mathure (Melvil Poupaud), un brillant ingénieur aérospatial transféré en 1978 à la tête de Gepan, un bureau fou d’enquête sur les ovnis. Ce pur cartésier doit trouver des explications scientifiques à l’apparition présumée de soucoupes volantes dans une crise existentielle.

Le service Gepan, fondé en 1977, existe vraiment et constitue le point de départ de cette comédie étonnamment fantastique avec une excellente mise en scène. La réalisation des douze épisodes a en effet été confiée à Antony Cordier (Cold Showers, Happy Few, Gaspard va au mariage), qui multiplie les références pop et projette la France de Giscard aux limites du réel, dans un univers visuel agréable et en couleur. L’occasion d’interroger le réalisateur sur les influences des OVNIS. « Les réalisateurs Clémence Dargent et Martin Douaire, ainsi que les producteurs François Ivernel et Canal ont suggéré de faire la série basée sur mon dernier film, Gaspard allait se marier, qui avait un cousin avec Ovni (s) et avait un ton de comédie doux-amer. Capacité à savoir, parfois bifurquant dans le sens de l’imagerie surréaliste », dit Antony Cordier en préambule.« C’était touchant et flatteur d’être repris pour des raisons d’univers plutôt que pour des raisons thématiques. Clémence et Martin ont la trentaine, et cette différence générationnelle s’est avérée intéressante car nous n’avions pas forcément les mêmes références ou fictions en tête. En tout cas, j’ai tout de suite été attirée par sa façon de dessiner les personnages et l’humour constant du scénario. «  »

Rencontres du troisième Art, Steven Spielberg: « C’était une des grandes références de Clémence et Martin. Spielberg est un réalisateur important pour eux, il est moins pour moi, je il est plus Coppola. Mais j’ai revu des rencontres du troisième type, et la séquence d’ouverture d’OVNIS dans laquelle le représentant des ventes conduit alors qu’il déplie impitoyablement sa carte sur son pare-brise est inspirée d’un plan extraordinaire. du film. Cependant, dans les rencontres du troisième type sur le sujet des OVNIS, il y a quelque chose de très religieux qui ne me convenait pas entièrement. L’un des dangers était de considérer l’autre comme une divinité. Je voulais que le spectacle soit beaucoup plus terreux. La question ludique de savoir s’il y a des extraterrestres ou non a nourri les personnages pour que les enfants de Didier Mathure, par exemple, soient ses propres extraterrestres. Il la regarde sans la comprendre, on peut même penser qu’il ne l’aime pas et ne s’intéresse pas à elle. Son ailleurs, les êtres les plus étranges du monde, sont ses descendants … ainsi que les diverses femmes qui émergent et prévalent devant lui. «  »

Coup de Tête, Jean-Jacques Annaud: « J’aime Coup de Tête, comme beaucoup de gens. L’idée n’était pas de citer ouvertement le film, mais plutôt de se rapprocher des fictions qui traitent de choses tragiques tout en évitant un sérieux excessif. On retrouve cela dans une partie du cinéma des années 1970, en particulier le cinéma italien. Et dans Coup de tête, qui raconte encore la terrible histoire d’un homme accusé de viol qui va en prison et se dit avoir payé sa dette envers la société, c’est extrêmement violent, mais on garde un souvenir presque facile. Il y a un désastre au début des ovnis, mais je voulais que les éléments formels indiquent que le personnage peut s’en remettre. Didier vit un fiasco professionnel, sentimental et familial, mais il doit remonter la pente. Et dans les années 1970, il y avait ce goût pour la musique sifflée, comme celle de Coup de Tête. En incluant le sifflet de Pierre Bachelet dans le traitement de cet événement de missile explosif, cette catastrophe personnelle devient un élément de la comédie. Cela conduit à une désorientation qui correspond bien à la position de Didier vis-à-vis des ovnis. «  »

Mort sur les traces, Alfred Hitchcock: « A la fin de l’épisode 2 il y a cette première rencontre importante entre les personnages de Melvil Poupaud et Nicole Garcia. On s’est demandé avec mon caméraman Nicolas Gaurin à quels films cela pouvait faire référence, et on a pensé à Cary Grant, qui joue dans La Mort aux, un annonceur pris pour un espion, aumônier. C’est donc l’histoire d’un homme qui accepte d’être chapelain, tout comme Didier Mathure doit progressivement accepter qu’il n’est pas ingénieur mais magicien. Nous étions heureux de filmer cette rencontre cinéphile entre Melvil Poupaud et Nicole Garcia, qui ont chacun une merveilleuse filmographie derrière eux, nous nous sommes donc permis de répéter l’ordre de l’arrêt de bus à La Mort aux trousses. Nous étions heureux de suivre le montage classique du génie Alfred Hitchcock et tous les enregistrements sont soudainement devenus très précis pour l’équipe technique. Melvil pourrait jouer avec mes mains dans mes poches comme Cary Grant, et je pourrais jouer très humblement avec Hitchcock: cela crée de la bonne humeur. «  »

Philippe de Broca et André Franquin: « J’ai compris une chose par expérience: nous cherchons souvent des références thématiques, mais elles n’aident pas beaucoup. En revanche, si l’on se tourne vers des œuvres qui nous plaisent beaucoup, c’est toujours utile, même s’il y a une lacune dans le sujet. Ovni (s) est une comédie, et quand je vénère Philippe de Broca j’ai trouvé qu’il y avait une occasion de faire revivre parfois ce qui est brillant chez lui (par exemple, dans Le Diable par la queue) ou Jean-Paul Rappeneau: Des personnages qui courent avec une bande dessinée imaginaire avec des aventures à la Tintin. Un grand tiers de la série se déroule ailleurs dans un bureau, ce qui m’inquiétait car il ne fallait pas ennuyer le public avec des plans répétitifs. En nous appelant «comédie de bureau», nous avons pensé à Franquin et Gaston Lagaffe. Parce que les fichiers qui doivent être gérés chez Gepan sont comme le courrier tardif de Gaston. Nous avons recherché des couleurs primaires et pas particulièrement naturalistes qui pourraient rappeler les tons de Franquin. Si le lien n’est pas forcément direct, ces comparaisons quelque peu arbitraires y ajoutent une certaine poésie. «  »

Brésil, Terry Gilliam: « Au début de l’épisode 7, nous avons cette séquence de requêtes dans une tour de refroidissement. Le décor n’était pas initialement prévu de cette façon, mais lorsque le responsable du scoutisme nous a montré cet endroit, nous sommes tombés amoureux de mon caméraman et avons imaginé que Melvil Poupaud était installé au milieu dans une sorte de fauteuil de dentiste. Lorsque nous tournions la scène, nous nous sommes souvenus que c’était la même séquence au Brésil. Comme si souvent, nous nous étions laissé guider par une mémoire inconsciente. Le Brésil n’est pas un film que j’aime particulièrement non plus, mais il y a cette scène incroyable où les personnages finissent par descendre en rappel du haut de la tour de refroidissement. «  »

Thème musical du glockenspiel, Ennio Morricone: « C’est une idée coupante qui vient de l’un des deux éditeurs, Céline Cloarec. Cette scène des épingles volant dans l’épisode 8 est aussi l’une des rares que nous ayons renvoyées car Michel Vuillermoz et Melvil Poupaud étaient plus nerveux au début et criaient leur texte. La scène était compliquée à tourner, avec des effets spéciaux et une explosion. Pressé, nous n’étions pas satisfaits du résultat et avons inversé la scène à la fin du tournage. Nous ne voulions plus un moment de nervosité ou de comédie, mais un moment de grâce, d’émerveillement et d’orgasme. Lors du montage, c’est très pragmatique: nous avons une playlist de musique que nous aimons et nous l’essayons. La musique de Carillon d’Ennio Morricone a évidemment très bien fonctionné: dans And For A Few More Dollars de Sergio Leone, c’est un moment de pause où la musique ralentit et devient très impressionnante. On pourrait aussi utiliser la musique deux fois et combler le vide avec une autre séquence du prochain épisode, celle du sachet de thé volant. En reliant le premier miracle à un deuxième miracle, la musique de Morricone joue un rôle narratif. «  »

Abyss, James Cameron: « Un film merveilleux que j’ai offert aux équipes de post-production et d’effets spéciaux en exemple. La première partie du film de James Cameron se compose des couleurs de base rouge, jaune et vert. Ils travaillent à forer et à creuser pour le pétrole, donc tout est assez noir de jais. Au moment où les extraterrestres apparaissent, Abyss prend des couleurs étranges comme le magenta. Et quand on a commencé chez Ovni (s) avec les couleurs primaires de Franquin dans le bureau de Gepan, on a décidé d’arriver dans le dernier épisode avec des couleurs plus insolites comme ce magenta Abyss. Attention, spoilers! Nous avons également essayé de donner au son une présence charmante et non hostile et nous avons repris la grande idée sonore d’Abyss où nous entendons une petite hélice sous-marine que nous ne voyons pas. La rencontre sur le LSD qui a suscité des souvenirs de Didier Mathure m’a rappelé la scène d’Abyss où un long serpent d’eau rend visite à Mary Elizabeth Mastrantonio. «  »

Cinéma érotique: «Nous sommes à une époque où l’érotisme au cinéma, mis à part 50 Shades of Grey, qui est un cas très particulier, ne présente plus d’intérêt. J’ai commencé à aller au cinéma dans les années 1980, à une époque où les questions de sexualité imprégnaient de nombreux films, mais ce n’est plus le cas aujourd’hui. Je l’ai vu avec les difficultés de financement et d’exploitation de mes propres films, où l’érotisme a toujours été un problème. Maintenant, le porno est consommé à la maison et gratuitement. Avec les OVNI (s), je me suis dit qu’il y avait peut-être une chance qu’il n’y ait pas d’érotisme. Et c’est de toute façon par l’incarnation du casting, par la façon dont Melvil Poupaud bouge, ou par l’énergie que dégage Daphné Patakia que l’on peut réaliser une dynamique corporelle intéressante. Daphné Patakia (rôle de Vera) par exemple a ce tempérament volcanique, c’est une actrice très physique qui a joué Benedetta dans le dernier film de Paul Verhoeven. Ovni (s) est une série douce, mais nous sommes allés un peu plus loin que prévu et avons transformé des baisers chastes en véritables baisers sensuels. Quand Didier et Élise (Géraldine Pailhas) s’embrassent, c’est naturel, sans les trois secondes de gêne habituelles. «  »

Sur YouTube puis sur Netflix, cette suite des films « Karate Kid » s’est imposée sur le tatami de la série en deux ans. Pourquoi sommes-nous si mordus?

Cette réinvention du mythe avec Omar Sy est alimentée par un scénario et des personnages aussi creux que l’aiguille d’Étretat.

Qui n’a jamais pensé à la montée du populisme face à un épisode du Machiavellian Game of Thrones ou du Black Baron? Ou sur les avantages – ou non – de la transparence en politique lorsque vous regardez l’emprunt? Le succès planétaire de La Casa de Papel ne reflète-t-il pas la montée de la pensée «anti-système» dans nos démocraties? Qu’est-ce que les grandes histoires contemporaines de la série nous apprennent de manière plus pragmatique sur le pouvoir, ses problèmes et ses jeux, comment les conquérir et les conserver?

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